Si ce n’est (encore lui) qui prend soin du Dirigeant ?

Celui qui ne se soucie pas de lui aura du mal à se soucier des autres - Michel Foucault

« Celui qui ne se soucie pas de lui aura du mal à se soucier des autres » – Michel Foucault

Droit dans ses baskets Armor-Lux, il donne le cap (savant mélange de rationalité et d’intuition), il tient le gouvernail contre vents et marées (quand la mer est d’huile, c’est qu’elle est frelatée), il prend et assume ses responsabilités (n’en déplaise aux aficionados d’ « on refait le match).

Il négocie à l’externe (souvent), il négocie à l’interne (encore plus souvent).

Il rassure, il motive, il encourage, il apporte la contradiction aux envieux ou les laisse déblatérer. Pour tenir la distance (elle est où la ligne d’arrivée Papa ?) il fanfaronne, il se dope à l’élixir du bon docteur Coué, il se relève sans jamais reconnaître être tombé.

La reconnaissance, il la cherchera parfois dans la course aux trophées de l’entreprise qui poussent en toute saison dans le cerveau fertile d’institutions évoluant à mille lieues (et lieux) de ses préoccupations quotidiennes.

La reconnaissance, il la trouve plus sûrement le matin dans le miroir de sa salle de bains et encore certains jours, il détourne le regard pour ne pas affronter cet inconnu aux yeux tristes et hagards qui le scrute.

Plus le doute et l’inquiétude l’envahissent, plus les drivers « sois-fort », « sois-parfait », « dépêche-toi », « fais-des-efforts », « fais-plaisir » se renforcent. Le mal-être du dirigeant s’infiltre sournoisement entre ses émotions profondes et l’image sociétale qu’il véhicule.

Une exploration minutieuse de tous les boutons qui agrémentent le tableau de bord de direction s’impose pour géolocaliser la touche « Pause ».

« Pause » non pas pour ne rien faire (tabou pétri de croyances et d’angoisses dans l’esprit du dirigeant) mais « Pause » pour poser le costume de superman.

Pause pour « pauser » dans la ronde des émotions, des doutes, des peurs. « Pauser » pour bâtir des options, pour évaluer les risques, pour challenger les projets, pour laisser s’exprimer ses désirs.

« Pauser » pour prendre soin de son estime-de-soi. « Pauser » pour se ressourcer en s’accordant la permission d’un temps de respiration, d’écoute, de réflexion, un temps de parler vrai.

Vœux 2014 : Exercice collectif de psychologie positive

Coaching

Ressource et Vous

Pourquoi cette tradition des « bons vœux », dont chacun sait qu’elle n’a aucune influence sur le cours de notre destin revient-elle chaque année, pendant tout un mois, pendant 31 jours ?

Si notre futur se moque de tous ces souhaits (aussi sincères soient-ils) le rituel se savoure dans l’instant présent où chacun expérimente la richesse d’être relié aux autres ; où chacun, sous couvert de la tradition, exprime et goûte la reconnaissance et l’amour de l’autre.

Si notre futur se moque de tous ces souhaits, si l’Homme ne peut prédire son avenir, il peut l’imaginer, le construire, le rêver, alors souhaitons qu’en 2014 refleurisse, pour chacun d’entre nous, le champ des possibles.

Deviens ce que tu es. Friedrich Nietzsche

Nourrir son Ego…

Ressource et VousRetour sur une tablée hétéroclite (politique, sportive et entrepreneuriale) réunie par l’Esam de Lyon pour disserter, partager et disséquer la place de l’Ego dans la réussite.

Hétéroclite mais renforçant la conviction que lorsque chacun (quelle que soit son aura médiatique) est respectueux de la parole et des émotions de l’autre, le fleuret moucheté se substitue (avantageusement) aux couteaux tirés.

La conscience de sa propre valeur n’est pas plus innée que constante. Elle se construit dans le regard de l’autre, dans ses encouragements, dans l’accueil de sa gratitude. L’Ego se nourrit de la réussite, de la victoire du Grand Soir et des petites victoires du quotidien. C’est un don de l’autre, mais pas que…

Pas que… car encore faut-il (aussi) avoir le courage de se faire violence pour sortir de sa coquille, pour réaliser ce que nous n’avons jamais fait (ou pire encore :)) pour reprendre une action dans laquelle nous avons précédemment échoué.

Quand notre Ego est piqué au vif, il bouillonne de justifications toutes aussi plus ingénieuses qu’auto-indulgentes : c’est la faute aux sondeurs qui manipulent les électeurs, c’est la faute au directeur de campagne, au sélectionneur sportif, c’est la faute au hiérarchique qui ne sait pas (ou sait trop bien) reconnaitre ma valeur pour m’accorder cette promotion tant méritée…

Ce stade (à géométrie variable d’un individu à l’autre) est nécessaire pour permettre à la colère, à l’amertume, à la déception de s’évacuer. Le dépasser, c’est grandir. L’Ego piqué au vif est alors un aiguillon qui pousse à agir, non pas pour satisfaire à de basses manœuvres vengeresses (j’ai dit grandir !) mais pour mériter l’estime d’autrui.

Je terminerai cet article en l’illustrant avec l’expérience de Paul.

Paul, au tout début de sa vie active, rejoint l’entreprise industrielle dirigée par son beau-père. Quelques mois plus tard, ce dernier succombe à une crise cardiaque et Paul se retrouve à la tête de la société.

Peu coutumier des bars du village, un soir pourtant alors qu’il prend un verre avec un ami, il surprend la conversation qui anime l’assemblée. C’est certain ce jeunot, que personne ne connait, va sous peu conduire l’entreprise familiale à sa perte. Paul sort du bar sans rien dire mais emportant avec lui cette flèche décochée à son amour-propre.

Cette remarque blessante a toujours aiguillonnée son Ego, que ce soit dans les phases de réussite comme dans les phases plus compliquées, qui sont le lot de l’entreprise (précision à destination de ceux qui l’ignorent encore). Trente ans plus tard, Paul n’hésite pas à remercier ces anonymes d’un soir qui font qu’aujourd’hui, il passe le relai, d’une entreprise prospère, à son fils.