Quand la parole éveille la conscience …

… le verbe oriente l’émotion

Explication en images (c’est une métaphore, ne cherchez pas le pop-up).

Tous les jours dans votre métier de manager, vous prenez des décisions (pas toujours faciles, il faut bien le reconnaître). Pourtant, ces décisions ne prennent leur valeur qu’au moment où elles se traduisent dans l’action, la vôtre et celle de votre équipe.

Pour que votre équipe passe à l’action, vous disposez de moyens coercitifs, qui comme leur nom l’indique, sont plus que moyens.

L’autre alternative qui se présente à vous est de faire œuvre de générosité : vous partagez votre décision et vous partagez les éléments qui vous ont conduit à la prendre.

C’est à ce stade que les choses se gâtent pour certains d’entre vous : « Comment ? Mais je n’ai pas à me justifier ! » Voire même pour d’autres encore plus déstabilisés par la suggestion : « !!! »

Et c’est là que le choix du verbe intervient…

Si lorsque vos équipiers vous interpellent, vous questionnent, vous considérez qu’ils vous demandent de vous justifier, effectivement, vous êtes mal (« On est mal patron », et pas uniquement chez Lidl). Vous percevez leurs questions comme une attaque, qui, plus est personnelle (devoir se justifier) et en bon petit soldat, pour la contrer, vous adoptez une position défensive. (« Là, on est vraiment mal, patron »).

Si a contrario (excusez ce juridico-latinisme, clin d’œil adressé à Magali et Mathias, croisés à la Grande Arche), vous considérez que leurs questions et interrogations sont l’émanation de leur besoin de compréhension, vous enfilez votre costume de manager pédagogue et vous expliquez. A savoir, vous déroulez les tenants (les éléments sur lesquels votre raisonnement s’est construit) afin de rendre intelligibles les aboutissants (votre décision et les conséquences escomptées).

Expliquer n’est pas justifier, expliquer c’est rendre intelligible et se donner la chance d’être compris. Compris ?

Combattre le mal-être et si nous explorions le personal branding ?

Francoise Mathiaux - Coaching

Ressource et Vous

Vaillamment, le personal branding, après avoir traversé l’Atlantique (Rameurs, ramez. On avance à rien dans c’canoë…), franchit peu à peu les falaises (et autres fadaises) de notre culture nationale.

Choc culturel entre une démarche qui encourage l’homme à promouvoir sa différence et la pression exercée par notre société sur l’échelle « humilité maladive – ego exacerbé » où chacun de nous réalise (avec plus ou moins de succès) son numéro d’équilibriste.

Aborder le mal-être en changeant d’angle, et plutôt que de s’intéresser au « mal », se focaliser sur l’« être », c’est ce que je vous propose aujourd’hui en empruntant (en tout bien, tout honneur) les 3 clés d’entrée du personal branding : « Se connaître », « Se faire connaître », « Se faire reconnaître ».

L’être en souffrance ou plus légèrement (dixit Kundera) en quête de mieux-être, qui est-il ? Se donne-t-il l’autorisation de se connaitre ? N’agit-il pas, ne vit-il pas sa vie par procuration ? Le costume qu’il enfile chaque jour pour donner sa représentation sociale est-il taillé à la mesure de ses besoins, de ses motivations profondes ?

Son estime de soi bataille-t-elle régulièrement (à moins qu’elle n’ait rendu les armes) contre ses croyances limitantes : « ce n’est pas (ou pire encore) ce n’est plus possible », « je n’y arriverai jamais », « je ne peux pas »… ? La prise de conscience de ses talents est une arme de destruction massive des frustrations empilées dans le désordre par la récurrence des pensées négatives. Et bonne nouvelle, nous avons tous des talents (ce n’est pas là une parabole…).

Combattre le mal-être en explorant la richesse du personal branding, c’est se donner la permission d’une belle séquence d’introspection pour débusquer les dissonances et pour mieux prendre conscience de sa valeur, de ses envies, du sens que l’on veut donner à sa vie.

Quand ce beau travail sur soi s’accomplit, l’usurpation d’identité disparaît. L’individu recouvre son authenticité, ses pensées et ses actes sont en cohérence.

Et n’en déplaise aux grincheux que le personal branding hérisse (poils compris), l’individu qui suit ce cheminement ne se vend pas… on l’achète car il rayonne, de naturel, de plaisir.

Faut-il restaurer le management « carotte-bâton » ?

Françoise Mathiaux - Ressource et VousDans une époque (formidable) où chacun vante les mérites du management participatif, coopératif, collaboratif ; dans une ère (sans partition) où d’aucuns exhortent les managers à donner du sens au travail de leurs équipiers, pourquoi diable vouloir exhumer cette pratique autocratique d’un autre temps ?

Déjà un message perso pour rassurer ceux qui me connaissent bien, je n’ai pas pris froid, mes valeurs et convictions sont intactes. Si je m’interroge sur la réhabilitation du « management carotte-bâton » (sans la souhaiter) c’est parce que de jour en jour je constate les effets humainement désastreux de sa disparition ou plutôt du vide sidéral (et sidérant) qui l’a remplacé.

Avec la toute-puissance du pouvoir hiérarchique, le manager est légitime par son sacro-saint statut de Chef. Qu’il se nomme Pierre ou Jacques, quand le chef a dit, le subordonné exécute l’ordre, sans poser et sans se poser de questions existentielles. Bien sûr parfois dans un éclair de lucidité, le boss peut déplorer de ne diriger que des ânes (animal sympathique quoique rétif…) mais cet effet secondaire du management « carotte-bâton » se révèle être une contrepartie bien insignifiante au regard du confort octroyé par ce type de management.

Pourtant quand la bise de l’évolution des mentalités fut venue dans l’entreprise, le chef se trouva fort dépourvu : les vertus coercitives du bâton se sont étiolées et la carotte a subi une cure drastique d’amaigrissement. Afin de ne pas connaitre le sort funeste du fermier dans « La ferme des animaux d’Orwell », le chef s’est mû en manager. Il a remisé les vestiges tangibles du pouvoir hiérarchique au profit du sens, de la communication, du savoir-être (…).

Sauf que le changement de posture ne se limite pas à un simple changement de costume. Si le personnage n’évolue pas dans la représentation qu’il se fait de lui-même et de son rôle, l’habillage ne leurre personne, c’est un vulgaire travestissement.

En perte de repères, le manager s’accroche alors à des oripeaux. Il donne ordres, contre-ordres et sème le désordre. Fuyant dans un activisme forcené, il manipule, infantilise, porte aux nues pour mieux broyer.

La période des vœux approchant, que souhaiter aux managers ? … De travailler (et d’évoluer) dans une entreprise qui, sans nécessairement faire commerce avec la Chine, a intégré son proverbe « Le poisson pourrit toujours par la tête ».

Une entreprise qui, dès lors, ne se satisfaisant pas du paraître ; une entreprise qui est capable (au plus haut niveau de son management) de se remettre en cause dans ses croyances, dans ses pratiques ; une entreprise qui ne se contente pas de déposer au pied du sapin de la formation de toujours plus alléchantes boites à outils, censées évaluer, étalonner, booster la motivation de ses collaborateurs ; une entreprise qui offre à ses managers la possibilité de s’interroger sur leurs pratiques et leur donne la permission d’en expérimenter de nouvelles.

En réalité, une entreprise qui fait tout (simplement) confiance à l’intelligence de l’autre.