Le pouvoir en coulisses

Ressource et VousVous avez, sans nul doute, goûté le pertinent article : L’entreprise serait-elle un marigot ? (Merci Céline, tu as les pieds bien au sec) qui s’attache à démontrer les limites du rapport de forces.

Ce midi, j’ai assisté, non sans délices, à une illustration savoureuse du propos à la caisse d’un restaurant…

Attendant patiemment pour m’acquitter de l’addition (l’honnêteté n’est pas la seule à payer), je vois un serveur se précipiter vers le patron (joyeusement) concentré sur les encaissements.

Sans pour autant rendre son tablier (accessoire non fourni dans le scénario), il lui annonce bruyamment :

  • Table 6, tu ne fais pas de réduction. Pas de réduction aux clients de la « 6 », il y a des limites au mal-parler.

Le regard du patron virevolte entre l’envie manifeste de marquer son soutien à son employé et l’embarras de me voir témoin de cet échange. Pour lui enlever tout scrupule, je lui suggère (benoîtement) de remplacer la réduction par un supplément…

Bingo : Je suis repartie avec mon ticket de carte bleue et le beau sourire complice du serveur (Il n’y avait pas que la sauce de ravigotée…).

Rappel aux clients de la « 6 » :

  • Dans l’expression « le client est roi », roi n’est pas synonyme de despote
  • Un roi qui a la tête sur les épaules (et souhaite la garder) sait que le sceptre est un seulement un attribut du pouvoir, il ne confère pas tous les pouvoirs (vous avez payé un bonus pour l’apprendre…)
  • Au restaurant, l’homme debout est le serveur !!!

Combattre le mal-être et si nous explorions le personal branding ?

Francoise Mathiaux - Coaching

Ressource et Vous

Vaillamment, le personal branding, après avoir traversé l’Atlantique (Rameurs, ramez. On avance à rien dans c’canoë…), franchit peu à peu les falaises (et autres fadaises) de notre culture nationale.

Choc culturel entre une démarche qui encourage l’homme à promouvoir sa différence et la pression exercée par notre société sur l’échelle « humilité maladive – ego exacerbé » où chacun de nous réalise (avec plus ou moins de succès) son numéro d’équilibriste.

Aborder le mal-être en changeant d’angle, et plutôt que de s’intéresser au « mal », se focaliser sur l’« être », c’est ce que je vous propose aujourd’hui en empruntant (en tout bien, tout honneur) les 3 clés d’entrée du personal branding : « Se connaître », « Se faire connaître », « Se faire reconnaître ».

L’être en souffrance ou plus légèrement (dixit Kundera) en quête de mieux-être, qui est-il ? Se donne-t-il l’autorisation de se connaitre ? N’agit-il pas, ne vit-il pas sa vie par procuration ? Le costume qu’il enfile chaque jour pour donner sa représentation sociale est-il taillé à la mesure de ses besoins, de ses motivations profondes ?

Son estime de soi bataille-t-elle régulièrement (à moins qu’elle n’ait rendu les armes) contre ses croyances limitantes : « ce n’est pas (ou pire encore) ce n’est plus possible », « je n’y arriverai jamais », « je ne peux pas »… ? La prise de conscience de ses talents est une arme de destruction massive des frustrations empilées dans le désordre par la récurrence des pensées négatives. Et bonne nouvelle, nous avons tous des talents (ce n’est pas là une parabole…).

Combattre le mal-être en explorant la richesse du personal branding, c’est se donner la permission d’une belle séquence d’introspection pour débusquer les dissonances et pour mieux prendre conscience de sa valeur, de ses envies, du sens que l’on veut donner à sa vie.

Quand ce beau travail sur soi s’accomplit, l’usurpation d’identité disparaît. L’individu recouvre son authenticité, ses pensées et ses actes sont en cohérence.

Et n’en déplaise aux grincheux que le personal branding hérisse (poils compris), l’individu qui suit ce cheminement ne se vend pas… on l’achète car il rayonne, de naturel, de plaisir.

Nourrir son Ego…

Ressource et VousRetour sur une tablée hétéroclite (politique, sportive et entrepreneuriale) réunie par l’Esam de Lyon pour disserter, partager et disséquer la place de l’Ego dans la réussite.

Hétéroclite mais renforçant la conviction que lorsque chacun (quelle que soit son aura médiatique) est respectueux de la parole et des émotions de l’autre, le fleuret moucheté se substitue (avantageusement) aux couteaux tirés.

La conscience de sa propre valeur n’est pas plus innée que constante. Elle se construit dans le regard de l’autre, dans ses encouragements, dans l’accueil de sa gratitude. L’Ego se nourrit de la réussite, de la victoire du Grand Soir et des petites victoires du quotidien. C’est un don de l’autre, mais pas que…

Pas que… car encore faut-il (aussi) avoir le courage de se faire violence pour sortir de sa coquille, pour réaliser ce que nous n’avons jamais fait (ou pire encore :)) pour reprendre une action dans laquelle nous avons précédemment échoué.

Quand notre Ego est piqué au vif, il bouillonne de justifications toutes aussi plus ingénieuses qu’auto-indulgentes : c’est la faute aux sondeurs qui manipulent les électeurs, c’est la faute au directeur de campagne, au sélectionneur sportif, c’est la faute au hiérarchique qui ne sait pas (ou sait trop bien) reconnaitre ma valeur pour m’accorder cette promotion tant méritée…

Ce stade (à géométrie variable d’un individu à l’autre) est nécessaire pour permettre à la colère, à l’amertume, à la déception de s’évacuer. Le dépasser, c’est grandir. L’Ego piqué au vif est alors un aiguillon qui pousse à agir, non pas pour satisfaire à de basses manœuvres vengeresses (j’ai dit grandir !) mais pour mériter l’estime d’autrui.

Je terminerai cet article en l’illustrant avec l’expérience de Paul.

Paul, au tout début de sa vie active, rejoint l’entreprise industrielle dirigée par son beau-père. Quelques mois plus tard, ce dernier succombe à une crise cardiaque et Paul se retrouve à la tête de la société.

Peu coutumier des bars du village, un soir pourtant alors qu’il prend un verre avec un ami, il surprend la conversation qui anime l’assemblée. C’est certain ce jeunot, que personne ne connait, va sous peu conduire l’entreprise familiale à sa perte. Paul sort du bar sans rien dire mais emportant avec lui cette flèche décochée à son amour-propre.

Cette remarque blessante a toujours aiguillonnée son Ego, que ce soit dans les phases de réussite comme dans les phases plus compliquées, qui sont le lot de l’entreprise (précision à destination de ceux qui l’ignorent encore). Trente ans plus tard, Paul n’hésite pas à remercier ces anonymes d’un soir qui font qu’aujourd’hui, il passe le relai, d’une entreprise prospère, à son fils.