Sans faire commerce… comment se comporter en manager équitable ?

Avec un statut qui leur offre une longévité à faire saliver les transhumanistes, certains dieux et déesses franchissent mieux que d’autres les barrières du temps. Aequitas, déesse de la mythologie romaine, dévolue au commerce et aux marchands, survit à travers une valeur chère au management (bien que quelques pingres ne se donnent pas les moyens de l’acquérir) : l’Equité.

Fidèle à son modèle ancestral, le manager équitable est pourvu d’une corne d’abondance, où se renouvellent bonne fortune, richesses et connaissances, ainsi que d’une balance destinée (sans jeu de mots) à équilibrer les échanges avec le commun des salariés.

Pour répartir les rôles, les missions, les responsabilités, les récompenses, les blâmes et autres donations, le manager équitable intègre dans sa pesée le poids de l’histoire du management des organisations et celle du marketing

Démonstration en 3 points (Pourquoi 3 points ? Parce que décider suppose de savoir prendre, parfois, des décisions arbitraires ! )

  • Révolution industrielle : le manager n’a pas besoin de GPS pour diriger son équipe, car « the one best way » règne ; la main d’œuvre est abondante, sous qualifiée et comme elle n’a pas reçu d’offre promotionnelle pour s’abonner à Philosophie Magazine, elle ne se pose pas de questions existentialistes

Le marketing de masse, s’adresse aux consommateurs, comme à un agrégat homogène, avec des pratiques  et des messages standardisés

  • Après l’immersion en 3D dans « Les Temps Modernes » de Charlie Chaplin (histoire sans parole mais non sans arrière-pensées), un souffle de modernité brasse le monde de l’entreprise : Tertiarisation de l’activité, féminisation des emplois, progrès technologiques, développement des expertises… Les psychologues et des sociologues guident le management sur le chemin de l’Ecole des relations humaines

Le marketing personnalisé affine son approche : il catégorise et segmente ses cibles pour adapter, en conséquence, son message et ses vecteurs de communication

  • Les théoriciens du management et ses praticiens (de brillants chefs d’entreprise chaussés d’une casquette de consultant) multiplient les hypothèses permettant de dégager de bonnes pratiques pour toujours mieux tenter d’actionner les leviers de la motivation de l’homme au travail. Cette profusion d’approches confirme : l’homme est unique l’homme est multiple

Le marketing individualisé ou « one to one » l’a intégré : il s’intéresse à l’individu qui se cache derrière le consommateur, il établit le dialogue pour cerner son profil et ses attentes, il crée une interaction relationnelle pour mieux le connaitre, le comprendre et développer ainsi une relation sur la durée

L’équité, comme le disait Cicéron (homme carré s’il en est), doit aller de pair avec la prise en compte des différences.

Manager avec équité, demande de se mettre en capacité de porter une appréciation et in fine (locution latine en hommage aux romains cités dans cet article) de faire preuve de courage pour adapter ses décisions aux spécificités de la situation et à l’altérité de tout un chacun.

Choisir de travailler autrement

Aujourd’hui, je vais vous demander un effort très important d’imagination. Concentrez-vous intensément pour entrer dans la peau du personnage que nous appellerons « W » (X a été démasqué au dernier mardi gras). Voilà, vous êtes W, nous sommes le 17 août, vos merveilleuses vacances s’achèvent sur une plage paradisiaque, vos affectueux et sympathiques amis vous entourent, les seuls éclats du décor sont des éclats de rire. Et là, blotti dans votre cocon de joie et de sérénité, imaginez que vous n’ayez pas une folle envie de reprendre le chemin de votre bureau (je vous ai prévenu, c’est de la science-fiction). Imaginez le coup de mou à la perspective de retrouver votre rythme frénétique ou votre boss irascible ou votre collègue lunatique (les adeptes du masochisme peuvent remplacer le « ou » par le « et »). Imaginez, tout simplement,  que vous puissiez manquer d’allant à l’idée de devoir faire face à votre pile de dossiers pendant encore un certain nombre de trimestres (équation à multiples inconnues : tête du président 2012, courage du président 2012, pouvoirs du président 2012…).

Eh Oh W ! On revient sur terre. Vous êtes aussi vivement convaincu  que le travail est source de reconnaissance, d’épanouissement, de lien social, de revenus… Vous avez envie de prouver votre valeur, d’exploiter vos compétences, d’en apprendre de nouvelles, en résumé vous êtes motivé. Vous n’êtes ni un looser ni un cossard, vous avez juste envie de vivre votre vie, votre travail autrement. (Que ceux que cette idée n’a jamais tentés au moins une fois lèvent le pouce, ça les détendra…).

Ben oui, mais comment ? Comment un homme, une femme, une force vive, motivée et compétente peut-elle rencontrer une entreprise dont les besoins correspondent à ses aspirations ? Comment une entreprise peut expliquer au Pôle Emploi qu’elle a besoin d’une telle compétence, certains jours de de la semaine mais pas nécessairement toutes les semaines ni pas tous les mois au nom du principe de réalité forgé dans les incontournables flexibilité et adaptabilité de notre économie moderne ?

Eh bien, on arrête de rêver… et on se connecte sur : http://www.elibe.fr/

Affirmer son leadership …

… en observant nos hommes politiques

En pleine campagne (même si vous êtes un manager citadin), vous avez tout à apprendre de l’observation des politiques. Cet examen est ouvert à tous, il suffit d’avoir à portée de main un journal, ou d’oreilles une radio, ou d’yeux (valable, somme toute, pour les mécréants) une télévision.

A défaut de prendre votre pied dans cet exercice, veillez scrupuleusement à prendre l’exact contre-pied des phénomènes observés.

Pour entrainer votre équipe, vous savez où vous voulez aller, pourquoi, comment, sous quelle échéance. (Remarque à destination des gros sabots : La réponse au “Pourquoi ?” ne peut durablement reposer sur l’intérêt personnel du manager, quelle que soit l’épaisseur du rideau de fumée). Et cerise sur le gâteau (Bon anniversaire Stéphanie), vous avez placé chacun de vos collaborateurs en capacité de répondre eux aussi à ces mêmes questions.

Vous avez construit un projet (de société, d’entreprise, de service ou un projet client…), traduction de votre vision. Arrêtons-nous sur cette notion. La vision n’est pas réservée à l’opticien ou à l’astrologue (quoique certains aient vu juste), c’est la capacité d’un individu à capter des informations (à signal fort ou faible, mais toujours pertinentes), à les analyser et à les synthétiser pour forger sa conviction.

Présenter votre projet : Dresser un état des lieux objectif, clarifier les enjeux, relever les difficultés probables (l’autruche n’est pas encore en mesure de démontrer ses compétences managériales), insister sur les ressources dont vous disposez (chacun dans votre équipe), mobiliser sur ce que tous (et chacun) a à gagner.

Donner vie (et envie) à votre projet : chacune de vos décisions est reliée au projet. Ce n’est pas un empilage de « toujours plus »,  chaque objectif s’articule avec votre projet, vous lui donnez corps (et cœur) en mobilisant sur des valeurs fédératrices.

Moralité : Pour faire adhérer votre équipe (n’en déplaise aux fabricants de colles et glues), adoptez le portrait en creux du politique.