Réinventer le management ?

Réinventer le management ou lui donner une nouvelle valeur ajoutée ? Question orientée puisque la 2ème hypothèse a largement ma préférence 🙂

Pourquoi ? Parce que le management d’aujourd’hui n’a rien à envier au management d’hier alors que le monde a changé.

Le nerf de la guerre (n’en déplaise aux cupides court-termistes) n’est pas l’argent mais la motivation, sans elle pas d’argent ou moins d’argent, au regard de l’efficience de l’organisation.

Ainsi, bien que le rapport au travail et les aspirations des salariés ne cessent d’évoluer (n’en déplaise aux nostalgiques de l’autoritarisme) le management demeure arc-bouté sur la gestion, le contrôle, l’audit, le reporting et autres réjouissances directives, coûteuses et contreproductives.

La valeur ajoutée du management d’aujourd’hui et de demain (pour ceux qui ont du retard à l’allumage et s‘il n’est pas trop tard…) est de rendre lisible le « Pour Quoi ? » : la vision, la finalité ultime de l’entreprise.

Le monde évolue mais ce n’est pas (encore) celui des Bisounours.

La valeur ajoutée du manager est de se positionner en garant du « Pour Quoi ? ». Adepte inlassable du « Pourquoi ? » il s’’interroge et interroge l’organisation et les hommes qui la composent. Pourquoi telle action ?  En quoi sert-elle le « Pour Quoi » ? Pourquoi telle décision ? En quoi contribue-t-elle au « Pour Quoi ? » ?

Dans la culture du « Pour Quoi ? », le manager est un facilitateur. Il sait (car il s’est donné l’autorisation de le reconnaitre) que sa valeur ajoutée consiste à fournir les ressources, à lever les obstacles, à faciliter le travail de ceux qui détiennent le savoir-faire. Il a les compétences techniques et relationnelles qui lui permettent de prendre en charge les problématiques qui entravent ses collaborateurs dans l’atteinte du « Pour Quoi ? ».

« Pour Quoi ? » « Pourquoi ? », bel écho à la génération Why, génération Y et suivantes qui ne demandent qu’à s’épanouir dans leur vie professionnelle.

En parlant d’écho, je vous conseille de lire cet excellent article publié sur le site de recrutement Elibe : Entreprise et Agilité, gare au grand écart

« Le meilleur manager est celui qui sait trouver les talents pour faire les choses et qui sait aussi réfréner son envie de s’en mêler pendant qu’ils les font » Théodore Roosevelt

L’entreprise serait-elle un marigot ?

Ressource et VousChacun son truc : Quand les transhumanistes misent sur la science et les biotechnologies pour garder le contact avec leur jeunesse, je préfère m‘adonner, entre deux interventions en entreprise, aux bains de jouvence en compagnie d’étudiants. Croyez-moi, ces immersions ne manquent pas de sel.

C’est en effet un privilège de pouvoir à la fois observer la vision des managers sur la jeune génération et étudier la vision des étudiants sur le monde du travail. Inutile de disposer d’un diplôme en ophtalmologie, le diagnostic est facile : les strabismes sont divergents (et le sel pique les yeux).

A la croisée des représentations surgit un marigot infesté de crocodiles relookés (avec talent) par les marchands de sourire :

  • Pour les managers : « les jeunes, des envahisseurs qui ne lèvent plus le petit doigt » (David Vincent réveille-toi)
  • Pour nos chères têtes blondes : « l’entreprise, un univers impitoyable » (JR sors de ce corps).

Loin de moi l’idée que la vie en entreprise pourrait être un long fleuve tranquille. Au cours de mes missions, j’embarque si souvent pour des eaux troubles que Candide n’est plus du voyage depuis longtemps. Pourtant ce que je sais, c’est que plus on aborde la relation de travail comme un rapport de forces, plus on crée les conditions de vie (façon de parler) du marigot.

De la défiance nait la défiance. De la défiance nait l’agressivité. De l’agressivité nait l’agressivité.

Pourtant, aussi impressionnantes soient les mâchoires du crocodile, aussi effrayants soient ses meuglements (registre de communication de prédilection du So-Rien), dans un écosystème, ce sont toujours les éléments les plus malins qui survivent aux plus imposants.

Etre malin, c’est quoi :

  • Assumer ses valeurs (aux 1ers signes de vacillement, effectuer un petit tour sur la terre ferme, les crocodiles y perdent de leur superbe)
  • Jouer à « Retors je te tiens par la barbichette », jeu qui consiste à imaginer et déjouer (sans être démasqué ni tomber dans la paranoïa) les coups bas et autres coups tordus que le crocodile pourrait vous porter

Le tout pour bénéficier de 72 000 heures de plaisir supplémentaires en donnant la chance à la convivialité de s’installer dans nos relations de travail.

Affirmer son leadership …

… en observant nos hommes politiques

En pleine campagne (même si vous êtes un manager citadin), vous avez tout à apprendre de l’observation des politiques. Cet examen est ouvert à tous, il suffit d’avoir à portée de main un journal, ou d’oreilles une radio, ou d’yeux (valable, somme toute, pour les mécréants) une télévision.

A défaut de prendre votre pied dans cet exercice, veillez scrupuleusement à prendre l’exact contre-pied des phénomènes observés.

Pour entrainer votre équipe, vous savez où vous voulez aller, pourquoi, comment, sous quelle échéance. (Remarque à destination des gros sabots : La réponse au “Pourquoi ?” ne peut durablement reposer sur l’intérêt personnel du manager, quelle que soit l’épaisseur du rideau de fumée). Et cerise sur le gâteau (Bon anniversaire Stéphanie), vous avez placé chacun de vos collaborateurs en capacité de répondre eux aussi à ces mêmes questions.

Vous avez construit un projet (de société, d’entreprise, de service ou un projet client…), traduction de votre vision. Arrêtons-nous sur cette notion. La vision n’est pas réservée à l’opticien ou à l’astrologue (quoique certains aient vu juste), c’est la capacité d’un individu à capter des informations (à signal fort ou faible, mais toujours pertinentes), à les analyser et à les synthétiser pour forger sa conviction.

Présenter votre projet : Dresser un état des lieux objectif, clarifier les enjeux, relever les difficultés probables (l’autruche n’est pas encore en mesure de démontrer ses compétences managériales), insister sur les ressources dont vous disposez (chacun dans votre équipe), mobiliser sur ce que tous (et chacun) a à gagner.

Donner vie (et envie) à votre projet : chacune de vos décisions est reliée au projet. Ce n’est pas un empilage de « toujours plus »,  chaque objectif s’articule avec votre projet, vous lui donnez corps (et cœur) en mobilisant sur des valeurs fédératrices.

Moralité : Pour faire adhérer votre équipe (n’en déplaise aux fabricants de colles et glues), adoptez le portrait en creux du politique.