Quand la parole éveille la conscience …

… le verbe oriente l’émotion

Explication en images (c’est une métaphore, ne cherchez pas le pop-up).

Tous les jours dans votre métier de manager, vous prenez des décisions (pas toujours faciles, il faut bien le reconnaître). Pourtant, ces décisions ne prennent leur valeur qu’au moment où elles se traduisent dans l’action, la vôtre et celle de votre équipe.

Pour que votre équipe passe à l’action, vous disposez de moyens coercitifs, qui comme leur nom l’indique, sont plus que moyens.

L’autre alternative qui se présente à vous est de faire œuvre de générosité : vous partagez votre décision et vous partagez les éléments qui vous ont conduit à la prendre.

C’est à ce stade que les choses se gâtent pour certains d’entre vous : « Comment ? Mais je n’ai pas à me justifier ! » Voire même pour d’autres encore plus déstabilisés par la suggestion : « !!! »

Et c’est là que le choix du verbe intervient…

Si lorsque vos équipiers vous interpellent, vous questionnent, vous considérez qu’ils vous demandent de vous justifier, effectivement, vous êtes mal (« On est mal patron », et pas uniquement chez Lidl). Vous percevez leurs questions comme une attaque, qui, plus est personnelle (devoir se justifier) et en bon petit soldat, pour la contrer, vous adoptez une position défensive. (« Là, on est vraiment mal, patron »).

Si a contrario (excusez ce juridico-latinisme, clin d’œil adressé à Magali et Mathias, croisés cette semaine à la Grande Arche), vous considérez que leurs questions et interrogations sont l’émanation de leur besoin de compréhension, vous enfilez votre costume de manager pédagogue et vous expliquez. A savoir, vous déroulez les tenants (les éléments sur lesquels votre raisonnement s’est construit) afin de rendre intelligibles les aboutissants (votre décision et les conséquences escomptées).

Expliquer n’est pas justifier, expliquer c’est rendre intelligible et se donner la chance d’être compris. Compris ?

Comment gagner en Autonomie au Travail ?

La meilleure façon de gagner en autonomie, c’est de la prendre !

Quand vous demandez à votre manager si vous pouvez mener telle ou telle démarche, votre initiative devient sienne. L’autorisation qu’il vous donne absorbe (Gloups plus ou moins volontaire) votre contribution personnelle dans son action.

En cherchant son aval, vous trouvez sa permission et vous amputez d’autant votre capital « Confiance en Soi », votre force de proposition s’affaiblit

En cherchant son aval, vous cherchez à vous rassurer : « Suis-je dans le vrai ? » Question louable en soi mais peut-être un peu tardive

Si vous échangez régulièrement ensemble et si au cours de ces échanges, formels et informels, vous êtes attentif aux informations qu’il vous communique (pour les intégrer et comprendre son point de vue) votre initiative s’inscrira d’autant plus naturellement dans ses attentes.

L’autonomie ce n’est pas faire cavalier seul ! Même Lucky Luke (qui pourtant tire plus vite que son ombre) sait qu’il a besoin de Jolly Jumper, pour être rapide, efficace et s’épancher …

Il s’agit ici en l’occurrence de tenir informé votre manager des initiatives prises, des réussites et des difficultés rencontrées pour que les résultats obtenus deviennent aussi les siens et que de nouvelles actions puissent être initiées de part et d’autre.

L’autonomie au travail ne se confond pas avec l’indépendance, c’est une vision réaliste des interdépendances : Mon action (ou inaction ) a une influence sur le travail des autres et pour mener à bien mon action, j’ai besoin du travail des autres (et accessoirement, même si ça n’a rien d’accessoirede leur donner envie si ce n’est de m’aider, au moins, de ne pas m’entraver.

Alors pour ne plus demander l’aval (la position basse est peu adaptée à la prise de hauteur) souvenez-vous que l’autonomie ce n’est pas faire ce que l’on veut, c’est faire ce que l’on doit comme on le veut 🙂

Adieu au manager Omni

Merci Olivier 🙂

Aussi performant fût-il pour gérer un budget, pour piloter un projet, pour traduire sa vision en plan d’action, le manager Omni est mort.

Hommage à son Omniscience : lui qui savait tout (et mieux que tous) ce qui était bon pour l’Entreprise, pour ses Services, pour les Equipes, pour l’Individu

Hommage à son Omniprésence : lui qui dans les moindres détails tissait le maillage du « Comment ? », le contrôle final se sublimant en contrôle sur l’homme

Hommage à son Omnipotence : lui qui confondait signes extérieurs de pouvoir (atomisant la prise d’initiatives, traquant l’erreur pour encore mieux jouir de sa sanction) avec le pouvoir d’agréger les compétences et les motivations dans un patchwork harmonieux de réussite collective

Le manager Omni est mort, vive l’humble Manager !

Précisions pour les humus-septiques : L’humilité du manager ne le travestit pas en un manager à la détermination soluble dans la prise de décision, au courage décomposé par la 1ère difficulté et au discours pétri de fausse-modestie.

Un manager empreint d’humilité n’est pas un manager emprunté :

  • Il connait et reconnait ses limites
  • Il sait distinguer ce qu’il est du périmètre de ses responsabilités
  • Il forge sa confiance en soi en cultivant la confiance dans l’altérité.

Comme l’écrit Marie Von Ebner-Eschenbach (autre temps, autre contexte mais fort à propos….) : « L’humilité rend invulnérable ». Là où il y a humilité, la honte et l’humiliation n’ont pas prise.