Sauvons l’entretien annuel !!!

Dans la vie de l’entreprise, il existe un moment privilégié(Au moins un, ouf !!!)

Moment privilégié où deux individus prennent le temps (2 heures environ, c’est bien surtout quand la priorité n’est pas accordée aux communications téléphoniques intempestives !) de se parler, d’échanger, de confronter leur point de vue et d’envisager l’avenir…

C’est un moment privilégié où le manager fait  preuve de « courage managérial », il ose dire, sans agressivité, à son équipier  ce qui ne convient pas soit dans l’exécution de sa mission soit dans son comportement (j’ai écrit « soit »… « soit », mais il arrive aussi que ce soit « et ». Là, une petite dose de courage managérial entre 2 entretiens annuels est à prescrire instamment).

« Oser dire », c’est permettre au collaborateur de prendre conscience de ses écarts et donc lui donner l’opportunité de les corriger. L’entretien est là (et son chef « Qui aime bien, châtie bien ») pour identifier ses axes de progrès et mettre en place les solutions pour lui permettre de progresser.

Une fois les choses plus ou moins agréables dites (s’il n’y en a pas, inutile de vouloir faire preuve de créativité !!!) débute le moment privilégié par excellence où le manager adresse à son équipier des signes forts de reconnaissance et des encouragements sincères.

Dans notre société de consommation où tout s’achète, il est bon de rappeler que tout n’est pas à vendre, reconnaître la valeur, l’implication, l’intégrité, l’enthousiasme (liste non exhaustive quand on croit à la richesse humaine) d’un collaborateur, c’est le reconnaître dans sa dignité d’homme.

Et mon augmentation de salaire dans tout ça ???? C’est effectivement un thème légitimement récurrent dans les entretiens annuels même si la rubrique n’est pas toujours prévue dans le support. (Oh ben alors, c’est ballot !)

Un conseil en passant, sans doute encore plus d’actualité cette année que les années précédentes…

Rubrique rémunération prévue ou non,  le manager se doit dès le début de l’entretien d’aborder, courageusement, le sujet. Pas de fausse promesse, pas de langue de bois.

Le manager n’a aucune latitude sur la rémunération ? Il le dit (cela doit « juste » être vrai).

Le manager dispose d’une enveloppe à répartir dans son équipe, il explique son mode de répartition (l’école des fans a fermé ses portes depuis longtemps) et pourquoi il a décidé de lui attribuer  une augmentation plus ou moins conséquente qu’à ses petits collègues.

 Ne pas parler de la rémunération dès le début de l’entretien, c’est immanquablement gâcher l’intégralité de ce moment privilégié et rare.

Même si on apprécie Abba, écouter en fond sonore  pendant 1h50 « Money, Money, Money », ne favorise pas la concentration du manager et de son collaborateur sur les autres sujets de fond(s) …

La Mutation du Chef

On se calme ! Je ne vous annonce pas que votre chef est muté mais pourquoi au-delà de la sémantique, le Chef est devenu (ou devrait dans son intérêt, celui de son équipe et de son entreprise) un Manager.

Il y a encore 10 ans, le chef était promu grâce à la bonne maîtrise de son art. La maîtrise s’accompagnant de quelques années de pratique, le chef se reconnaissait aisément à sa couronne de cheveux blancs. Son panache faisait autorité.

Aujourd’hui, (on se demande pourquoi …) l’iconoclaste a envahi l’entreprise. Est-ce un effet collatéral de la suppression du service militaire obligatoire ??? Toujours est-il que la jeune génération est indifférente aux galons et rétive au claquage de talons. Le statut du chef est déboulonné.

Le manager du XXIème siècle ne peut plus se targuer de la science des encyclopédistes. Sa connaissance est parcellaire, accessible sur les bancs de l’école (plus ou moins grande) et en 3 (des fois 4) clics sur la toile.

D’accord, feu le chef mais quid du manager des temps modernes ?

Manager s’apprend dans les écoles, les stages de formation, dans les livres mais avant tout  à l’épreuve de la vie en entreprise.  Un seul bémol (mais hélas de taille), toutes les entreprises n’accompagnent pas leur manager dans leur apprentissage, au risque de le laisser flirter avec le chefaillon et en final d’exploser en vol, équipe comprise.

Ce n’est pas à travers des procédures plus ou moins Iso que le manager apprend que :

Transmettre son savoir et partager celui de l’autre n’est pas nuisible au « statut »

Savoir plonger, au moment opportun, les mains dans le cambouis n’éclabousse pas les galons

♦ Le tableau Excel n’est pas l’outil miracle pour organiser, planifier, répartir équitablement  la charge de travail mais se réalise, aussi, en s’intéressant aux savoir-faire, aux compétences, aux affinités de ses équipiers

Prendre des décisions « impopulaires », si elles sont expliquées et assumées,  est bien moins préjudiciable que de ne pas en prendre

♦ Son statut lui donne les attributs pour valoriser le travail de ses équipiers, pour monter au créneau de la direction afin d’obtenir les moyens pour que son équipe exerce correctement sa mission

♦ Sa crédibilité repose sur sa capacité à tirer profit des échecs et à fêter les succès avec tous ses équipiers.

Mon propos n’est pas de décourager les managers en herbe, juste de leur faire sentir que c’est un savant dosage de savoir, de courage, d’autorité, d’humanisme… bref, une belle aventure humaine.

Un ultime message aux managers (nouveaux ou moins nouveaux) : Le manager est désigné par l’entreprise,  il devient manager quand son équipe le reconnait…