Si pour évoquer le conflit interpersonnel, l’assertion « Méfiez-vous de vos bons amis !» vous choque, ne lisez pas la suite … l’article se conclut par : « Aimez votre ennemi !».
Comme vous me rejoignez sur ce second paragraphe, je vais donc développer plus avant ma pensée. Pensée, ou plutôt croyance, ancrée dans les situations conflictuelles diverses et variées(l’homme est créatif quand il s’agit de se pourrir la vie et celle des autres) auxquelles ma pratique de coach m’amène à me confronter (pacifiquement).
Dans un conflit interpersonnel, l’identification des personnages principaux ne pose pas de difficultés particulières. L’incompréhension ayant fait place aux tensions, chacun campe sur ses positions, stocke ses munitions (faisons feu de tout bois), ourdit ses plus beaux coups-bas, éructe de gros mots (pas très doux) ou laisse s’exprimer un non-verbal puissamment parlant. Si malgré tout je vous rassure, vous peinez à repérer les premiers rôles, « On » se chargera de vous affranchir.
Sous-estimant le coût du conflit et surestimant leur capacité à vaincre, les protagonistes s’enfoncent dans une posture de plus en plus irrationnelle… histoire de prouver qu’ils ont raison !
L’irrationalité(comme l’amour, mais n’en est-ce pas la forme sublime ?)rend aveugle. Les protagonistes, tout à leur recherche de soutien, d’alliés, de confirmation « qu’ils ont bien raison », n’ont plus l’objectivité nécessaire pour décrypter le jeu des personnages secondaires. Ils ne sont plus en capacité de comprendre, seuls, que « Leur Conflit » leur échappe.
Les personnages secondaires (amis de circonstance ou de machine à café)au mieux influencent les acteurs principaux ; au pire, les manipulent.
N’y-a-t-il pas un marionnettiste qui tire d’autres ficelles et souffle sur le conflit pour régler des comptes qui ne sont pas les vôtres ?
N’y-a-t-il pas un confident, qui en ayant décroché le rôle de sa vie, existe enfin dans la reconnaissance que vous lui portez ? Son discours pseudo-bienveillant le trahit : « Ce n’est pas pour être méchant, mais… » « Bien sûr il y a du mieux mais souviens-toi… »
N‘y-a-t-il pas une victime collatérale consentante ? « Regardez combien je souffre, regardez combien je suis malheureux, pendant ce temps vous ne regarderez la qualité de mon travail »
N’y-a-t-il pas un voyeur compatissant ? « Je m’identifie à toi, à ton malheur pour mieux pleurer sur moi »
N’y-a-t-il pas un voyeur morbide ? « Ton malheur n’est pas le mien, oh c’est trop bon ! »
Si vous ne pouvez pas les démasquer, au moins doutez ! Doutez, pour ne pas foncer tête baissée dans le mur de l’impasse ! Relevez la tête et regardez votre ennemi, avec vos yeux, votre cœur, votre raison. Prenez le risque de perdre la face s’il vous permet de tomber pile, et qui sait : « Aimez votre ennemi ».
Si vous avez du temps (agité, maussade, chaud, voire libre), toute une panoplie s’offre à vous pour apprendre à mieux gérer votre temps : formations, ouvrages, outils, trucs et astuces.
Loin de moi l’idée qu’il s’agisse de temps perdu, car si vous ne gagnez pas pour autant (durablement)en efficacité, vous aurez au moins un nouveau sujet de conversation, sans partir à la recherche de Proust.
Que cache ce sarcasme ?
La conviction que le sujet est un puits sans fond :
Tant que l’Entreprise renvoie l’entière responsabilité à son collaborateur en l’inscrivant sur un programme « gestion du temps » évitant de s’interroger sur le fait qu’elle puisse, en tant qu’Organisation, être source de désorganisation (décisions prises à l’emporte-pièce ou prise de décisions empêtrée dans une succession de parapluies, tous plus grands les uns que les autres)
Tant que le collaborateur passe son temps à identifier les causes de son retard avec, au passage, la mise au pilori des coupables, lui-même compris. Phase propice à la désintégration de la confiance en soiet à l’estime portée à ses camarades de jeu. Temps passé, temps dépassé, temps perdu, contretemps refroidissent dangereusement le climat social.
Peut-être qu’avant qu’il ne se jette dans le puits, serait-il souhaitable d’aider le collaborateur à s’interroger sur les effets bénéfiques recherchés, inconsciemment, dans la Gestion du Tant ?
Au hasard (ou presque) : Se sentir utile ? Se penser indispensable ? Ne pas vouloir prendre le risque de froisser un collègue ou un hiérarchique en posant des limites, en disant « Non » ? Ne pas décevoir ? Etre à la hauteur ? Etre apprécié ou qui sait, être aimé ? (« … » je vous laisse reconnaître vos motivations profondes dans ces points de suspension)
Et si prendre le temps de s’intéresser « au quoi ? » du Tant plutôt qu’au « pourquoi ? » du Temps, vous faisait gagner du temps ? Quel temps précieux que ce temps-là…
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