Identifier les leviers de notre motivation

J’ai emprunté (et ce n’est pas sans intérêt) le chemin des écoliers pour faire ma rentrée mais me voici et, qui plus est, bien décidée à vous faire partager une rencontre. Non les voyeurs changez de site, pas question ici d’évoquer un sujet aussi, comme dire … bateau que les amours de bord de mer en période estivale.

Cet été, j’ai fait la connaissance de Michael Apter un psychologue, so british bien qu’installé aux U.S.A, qui cherche (et trouve) depuis près de 30 ans, les éléments fondateurs d’une nouvelle théorie de la motivation. Comprenez mon émoi, j’ai parlé avec une théorie : La Théorie du Renversement ou Echelle des Styles Motivationnels d’Apter (ESMA).

Je devine, à votre sourire en coin, les pensées qui fusent dans votre cerveau en ébullition : une nouvelle théorie de 30 ans d’âge ? Encore un remède miracle pour accroître la motivation ?

Au-delà du personnage, ce qui me séduit dans l’approche menée par Apter, et relayée par les neurones et expériences de psychologues et universitaires à travers le monde, c’est que je perçois cette théorie comme à la fois optimiste et responsabilisante. Je m’explique :

Vous avez tous été un jour ou l’autre (si ce n’est pas encore le cas, patience votre tour viendra) soumis à la question (Depuis que le Moyen-Age a sévi, on parle plus volontiers de tests ou évaluations).

Pour ses adeptes, le Pentothal, plus connu sous les vocables de MBTI, HBDI, Process Com ou autre Ennéagramme (…), révèle les traits de la personnalité. Bien sûr, le recours à ces pratiques peut être aidant pour ouvrir un échange avec un candidat ou un collaborateur mais leur propagation sert, plus souvent qu’à son tour, de valeur refuge pour enrober une fin de non recevoir.

Si les résultats sont bons, (bien sûr on vous dira toujours qu’il n’y a pas de bons ou de mauvais résultats), c’est qu’ils correspondent en clair aux critères gravés sur la feuille de route du recruteur. Vous aurez alors obtenu le sésame pour entrer ou évoluer dans l’entreprise.

Et après, vous en faites quoi de savoir que vous êtes travaillomane, réformateur, INFJ ???

La théorie du renversement structure nos expériences pour mettre en évidence les styles motivationnels activés (ou pour faire moins savant, l’état d’esprit que nous adoptons pour aborder une situation) .

Nous avons tous accès à 4 paires d’états motivationnels. Nous sommes autant à l’aise dans un style que dans l’autre et pour chacune de nos actions, nous les sollicitions … à bon ou à mauvais escient, consciemment ou non !!!

La Théorie développée par Michael Apter est responsabilisante : elle nous permet de prendre conscience des styles activés dans une situation donnée et de « renverser » (d’où le nom de sa théorie) dans un autre état pour, par exemple gérer un stress ou sortir d’un sentiment de frustration.

C’est une théorie optimiste car elle ne nous fige pas dans un profil et nous enseigne que nous (comme nos chefs) sommes en capacité de changer !!!

Stress au travail : Entreprise coupable ? Entreprise complice ? Entreprise victime ?

Coupable : de ne pas avoir su adapter son management à l’évolution de la production qui a destitué une industrie de la réalisation au profit d’une production dématérialisée où le salarié est de moins en moins en lien avec le produit final. Le reporting a remplacé la visualisation de l’objet réalisé, l’application des procédures qualité s’est substituée à l’utilisation des palmers et autres pieds à coulisse, les impératifs du marché (achat matières, coûts de production, pricing, cycle de vie du produit…) envahissent les ateliers comme autant de concepts au partage … parcellaire.

Complice : en refusant d’aborder le mal être au travail de peur de le catalyser. Dans ce domaine aussi, comme le veut la sagesse populaire, la peur n’écarte pas le danger. Fermer les yeux, c’est prendre le risque de les ouvrir plus tard sur une situation d’autant plus inextricable que chacun aura constitué son stock d’animosités, de rancœurs.

Les relations humaines ne dérogent pas à la règle : Il est plus facile (et profitable !!!) de solutionner un problème par anticipation que lorsqu’il est effectivement posé au tableau noir des préoccupations. L’anticipation ne crée pas le problème, il n’existera pas si les données de l’équation ne sont pas réunies, encore faut-il s’en assurer….

Victime : d’un environnement sociétal où l’individu est balloté entre assistanat et déresponsabilisation, l’entreprise récupère dans ses rangs les enfants qui ont grandi en marge de l’autorité familiale, les élèves qui ont déserté les bancs de l’école privilégiant leurs droits à leurs devoirs et à qui elle oppose un manager qui est là car il a, qualité suprême de distinction managériale, « fait le tour » de son poste précédent.

Le stress au travail n’est ni une affabulation médiatique ni une fatalité,  c’est « juste » une réalité plus au moins prégnante selon l’importance accordée par l’entreprise à la reconnaissance de chacun de ses salariés, à leur responsabilisation, dénuée d’injonctions paradoxales (qui fleurissent sans attendre le retour du printemps) : « Sois autonome et lève le petit doigt pour chacun de tes actes », « Préserve ton équilibre de vie et reste bien connecter le week-end à ton smartphone »…

Pour donner sa chance à l’autre, et aussi pour se donner, à soi, sa propre chance d’acteur responsable de sa vie, il importe de considérer que l’autre en face a une valeur, une intelligence et que si elle n’est pas visible c’est qu’on n’a pas, peut-être, tout mis en œuvre pour la découvrir, la décoder, la révéler.