Les « gros maux » du commercial …

Prenez un dirigeant (c’est une image) d’une entreprise unipersonnelle ou d’une multinationale et demandez-lui quel rôle joue l’activité commerciale dans le développement dans sa société. A ce stade de l’entretien (tout comme vous à la lecture de cette question) l’entrepreneur s’interroge sur l’intérêt de dilapider son précieux temps. Bien évidemment que le commerce est essentiel puisque la finalité de l’entreprise est de vendre ! C’est une évidence ! (A la Havane pourtant, les mauvaises langues affirment que l’évidence est à l’entreprise ce que la fumée est au rideau…).

Bien que fondamental, il se peut (circonvolution commerciale, j’ai des clients qui lisent ce blog…) malgré tout, que la vente soit confiée à des collaborateurs dont ce n’est pas, exactement, la tasse de thé (référence subliminale aux Jeux Olympiques de Londres). Le  potentiel des salariés n’est pas en cause (sinon, se référer à la rubrique « erreur de casting »), ils ne sont, tout simplement, pas à l’aise avec le sujet.

Dans des périodes où comme le disait Pierre Dac «le commerce va très mal, même les gens qui ne payaient jamais, n’achètent plus », l’entreprise a tout à gagner à revisiter ses lieux communs (et autres pièces maitresses de son management) quand elle délègue son développement commercial à des experts métier, ingénieurs, techniciens ou responsables de centres de profit.

Quelle représentation ont-ils de la vente ? Les enjeux sont-ils partagés ? Quels sont leurs freins ? Comment les aider à identifier et intégrer leurs atouts ? Ceux de l’entreprise ? Comment leur faire prendre conscience que le produit ou la prestation a, aussi, une valeur marchande pour le client ? Quelles actions commerciales réalisent-ils, déjà très bien, à la mode de « Monsieur Jourdain » ?

Si dans sa stratégie commerciale, l’entreprise oublie d’intégrer, ou néglige, (certains de mes clients sont susceptibles de lire ce billet jusqu’au bout…) la dimension humaine et motivationnelle, alors l’organisation, les objectifs, les tableaux de bord, le reporting, les incentives, la CRM et autres outils, tous plus performants les uns que les autres, auront toujours pour limite celles qui sont ancrées dans la tête du collaborateur.

Pourquoi les entreprises éternuent-elles de plus en plus souvent ?

Coup de froid sur les carnets de commandes, charges sociales et fiscales épicées, réglementation chatouilleuse … les raisons sont (comme les prises) multiples.

Pourtant, une autre origine pointe son nez de plus en plus fréquemment et là, dans toutes sortes d’organisations, privées ou publiques, petites ou grandes. Une (sale) habitude se fait jour : les managers mettent la poussière sous le tapis !

Un différend entre collègues ? Oups, sous le tapis. La frustration d’un collaborateur ? Oups, sous le tapis. Une mauvaise nouvelle a annoncé ? Oups, sous le tapis.

Quand le problème revient sur le tapis, (personne ne sait pas quand, mais les statistiques démontrent qu’il revient toujours plus tôt qu’espéré), la fonction incubation du tapis a turbiné à plein régime (de croissance). Chaque protagoniste a eu le temps d’illustrer et de ressasser son cahier de doléances, l’acrimonie s’est développée au rythme des acariens.

Managers, dites stop aux acariens ! Prenez de la hauteur (ces petites bêtes ne se reproduisent pas au-delà de 1200 mètres d’altitude), exigez que toute la ligne hiérarchique de votre entreprise assume ses responsabilités (et balaie devant sa porte) ! Aidez votre manager à découvrir les vertus du courage managérial !

Manager : « Sois-fort ! » mais pas trop…

Déterminer la stratégie, planifier, organiser, définir et faire respecter les règles, arbitrer, décider, assumer… Mettre son poing dans la poche, le brandir (résister à l’envie de l’appliquer). Quel beau métier que celui de manager !

Quoique … A tout vouloir porter sur tes épaules « Sois-fort ! », ton dos se voûte, ton regard pointe plus souvent tes chaussures que l’horizon.

Lève la tête, regarde au-dessus de toi, il y a ton manager. Il est payé pour que tu réussisses dans ta mission, pour entendre tes difficultés et tes doutes. Son bureau n’est pas plus que le tien le bureau des doléances. Tu le sollicites pour exposer une problématique et partager avec lui les solutions que tu as envisagées.

Faire état d’un problème n’est pas un aveu de faiblesse mais un acte de courage. Courage de reconnaitre ses limites. Courage de demander de l’aide.

Pour être durablement responsable, le « Sois-fort ! » doit évacuer la pression. Mets-toi à la place de ton chef (oui je sais, il y a des jours où tu en rêves…). Si tu ne l’associes pas à tes difficultés, il ne voit que le versant ensoleillé de ton métier, il peut d’autant plus allégrement te remettre une petite couche supplémentaire d’objectifs. Et si un dossier explose, malgré toute l’énergie et l’implication que tu dépenses à colmater les brèches, pourras-tu lui accorder le droit de penser que tu as manqué de transparence envers lui ?

« Sois-fort ! » mais pas trop … tu n’es pas un personnage biblique 🙂