Penser autrement pour vivre autrement

Si j’ai en main un stylo et qu’il tombe, je peux (tout comme vous) trouver deux types d’explication :

♦ L’attraction terrestre a encore frappé

♦ Je l’ai laissé tombé

Depuis que nous avons côtoyé notre camarade Newton sur les bancs de l’école, nous savons que la première explication est physiquement validée par une théorie ayant pris force de loi, celle de la gravitation.

Ainsi, autant de fois nous laisserons tomber notre stylo, autant de fois nous pourrons nous réfugier derrière la loi de la gravitation.   

En revanche, je peux aussi me demander quelle est ma contribution à cette chute. J’ai manqué de vigilance ? J’ai fait preuve de maladresse ? Je l’ai fait volontairement ? …

Si j’appréhende l’expérience, quelle qu’elle soit, sous l’angle de ma responsabilité (consciente ou inconsciente), je sors de mon rôle de victime, je me donne la chance d’être acteur de mes actes, de mes comportements, de ma vie.

Il appartient à chacun d’entre nous de reprendre en main son stylo pour écrire, chaque jour, une nouvelle page à son histoire.

Comment devenir encore un peu plus pauvre ?

A l’approche des fêtes de fin d’année, un nouveau stade dans l’abjectement cupide est joyeusement franchi par un grand (mais tellement petit) organisme de crédit.

Son slogan (décrypté mais pas déformé) : Vous êtes trop pauvre pour vous offrir de beaux et coûteux cadeaux de Noël (et bien sûr en offrir à vos enfants, n’hésitons pas à pousser le curseur de la culpabilisation), nous vous accordons un généreux crédit à 2,3% pour que vous puissiez accéder au cercle des « gens qui peuvent ».

Evidemment, nous sommes dans le cadre bienveillant de l’engagement socialement responsable, il faut être pauvre, mais pas trop (un peu de décence, vos conditions de ressources ne doivent pas être misérables) pour accéder au financement de votre « Joyeux Noël ».

Merci à cette nouvelle prouesse du crédit à la consommation, inventé pour donner l’illusion aux pauvres qu’ils sont riches… au moins jusqu’au premier avis de mise en recouvrement.

Chers (ça, ça n’a pas de prix) lecteurs, ne perdez pas de vue (malgré les budgets colossaux investis pour toujours améliorer la technologique des écrans de fumée) que l’amour ne s’achète pas, et encore moins à crédit.

Manager n’est pas harceler

La médiatisation du harcèlement moral et ses conséquences, toujours désastreuses tant pour la victime que pour l’organisation, a pour mérite d’attirer l’attention de l’opinion publique sur un phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur.

Il est évident que l’évolution des relations au travail génère un terreau favorable :

La vie sociale déserte les bureaux et ateliers, (Bienheureuse loi sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics qui favorise la collusion des fumeurs au bas de l’escalier)

Chacun pour soi (pendant que mon collègue est dans le collimateur, moi je n’y suis pas !) et même plus de Dieu pour tous, (le Saint Patron a dégringolé de son piédestal)

Dans la course à la productivité, les moments de convivialité sont rayés de la carte des ravitaillements (et pourtant, la performance se nourrit, aussi, de grandes tranches de rigolade).

La médiatisation est nécessaire à la prise de conscience individuelle et collective, car si nous fermons les yeux sur les dysfonctionnements de notre société (avec ou sans grand S) en déclamant « Abracadabra » 3 fois de suite (posologie actuellement en vigueur), nous ne serons pas résolutifs.

Toutefois, deux points méritent une attention particulière (la votre en particulier, très cher lecteur) :

Le harcèlement n’est pas l’apanage d’une catégorie d’entreprises. Qu’elles soient grandes ou petites, du secteur public ou privé, elles sont toutes susceptibles d’engendrer ce comportement.

Les managers (de bonne foi) sont dans une position délicate. Des salariés (j’ai dit « des » article indéfini, je n’ai pas écrit « tous ») peuvent invoquer le harcèlement à tort ou à travers comme moyen de pression.

Si le manager n’est pas au clair (de la Lune, je sais c’est facile) tant avec la définition du harcèlement moral (Article L. 1152-1 du Code du travail et évolutions successives de la jurisprudence de la Cour de Cassation) qu’avec la définition des bonnes pratiques managériales, il aura un réel souci de positionnement, in fine incompatible avec les attendus de l’entreprise.

Les qualités managériales de l’Autruche restant à démontrer, sortons la tête du sable !!!