Essentiellement envisagée comme un inventaire de bienfaits personnels (gestion du stress, affirmation de soi, leadership…), la confiance en soi est peu abordée sous l’angle de l’autre. Et pourtant…
Un manager qui a travaillé sa confiance en soi pour la canaliser (en s’efforçant d’oublier son mentor « Superman ») ou pour la renforcer (en se remémorant les vertus du « même pas mal ») est un manager qui laisse la place à l’expression de son équipier.
Bien que résolument optimiste, son humilité (réaliste) le porte à croire qu’il ne peut connaitre le résultat exact de ses décisions, de ses actions. En intégrant cette zone d’incertitude, elle est devenue un « no problem » car il a aussi dans son escarcelle la conviction de disposer des ressources nécessaires pour construire de nouvelles solutions, pour imager des portes de sortie, pour rebondir ailleurs (et peut-être mieux encore ).
Fort de sa confiance en soi, le manager (magnanime) n’a aucune difficulté à augmenter sa zone d’incertitude du résultat des actions qu’il confie à ses équipiers.
Si vous voulez déléguer en confiance, en premier lieu, faites-vous confiance…
Vous en conviendrez sans doute, ce titre « Motiver grâce à la démotivation » suppose quelques approfondissements…
Le Cadre un jour dit au Manager :
« Vous avez bien des raisons d’accuser notre Univers ;
Une Procédure pour vous est un pesant fardeau.
Le moindre changement, qui d’aventure
Modifie notre manière de travailler,
Vous oblige à vous remettre en cause :
Cependant je considère que mon statut,
Non seulement fonde ma légitimité,
Mais me protège des évolutions.
Tout vous est Flexibilité, tout me semble Verticalité.
Encore si vous acceptiez de reconnaître le pouvoir
Dont notre titre nous investit,
Vous n’auriez pas tant de questions à vous poser :
Je vous indiquerais comment se faire respecter ;
Mais vous réfléchissez le plus souvent
Sur le sens des décisions et l’adhésion de vos équipes.
Votre comportement me semble bien inconfortable ».
« Votre compassion, lui répondit le Manager,
Part d’une louable intention ; mais quittez ce souci.
Les changements me sont moins qu’à vous redoutables.
Je m’adapte, et ne romps pas. Vous avez jusqu’ici
Contre les crises et tensions
Résisté sans remettre en cause votre approche ;
Mais attendons la suite ». Comme il disait ces mots,
Du bout du couloir du RRH accourt avec impertinence
La plus redoutée des générations
Que l’Entreprise eût intégrée jusque-là dans ses rangs.
Le Cadre tient bon ; le Manager plie.
Le nombre des Y s’accroît encore,
Et fait si bien qu’il déracine
Celui dont la tête au Prestige était voisine,
Et qui négligeait de prendre pied sur le Terrain.