« Alors Envie ? Envies ? En Vie !!! », c’était la conclusion du post anniversaire de Ressource et Vous l’an dernier. Conclusion ou plutôt prophétie car cet exercice comptable (et exercice physique à l’envi) s’est déroulé sur un rythme effréné.
52 semaines sans beaucoup de week-ends et encore moins de congés mais un souffle, une énergie, un enthousiasme renouvelés par de belles rencontres dans des univers aussi insolites qu’hétéroclites, du monde des Ehpad, à celui des institutions paritaires ou monastiques, en passant par le big-data…
Même si mon esprit (un peu) cartésien refuse de s’égarer plus avant sur le chemin tortueux de la symbolique, il est bon cependant de rédiger cet article à la veille de l’Ascension 🙂
Envie, pour clore ce texte de te dire Sylvie que pour tous tes amis aimants, tu resteras, en vie, dans nos heureux souvenirs.
Instinct de survie ou évaluation réaliste de mes limites, j’ai ces derniers temps remisé la plume (à fond de cale) pour concentrer toute mon énergie pour surfer sur la vague d’une activité débordante.
Profitant du débrayage citoyen, je sors de l’isolement (et de l’isoloir) pour partager avec vous ces moments fugaces (mais oh combien chaleureux) qu’offre la rencontre magique avec les hommes et les femmes quand ils se souviennent qu’ils sont avant que d’être un métier, un statut social, un signe extérieur de richesse, un âge, une conviction politique ou religieuse (et autres étiquettes) un être humain.
Lâcher la représentation que l’on a de soi, lâcher l’image que l’on veut donner de soi, lâcher ses croyances, ses certitudes. Moment magique où l’on s’accorde la permission (ou prend le risque) de fermer les yeux pour laisser monter la confiance, confiance en soi, confiance en l’autre…
Fermer les yeux pour mieux ressentir ses émotions, ses contradictions, ses envies. Fermer les yeux pour venir à la rencontre de l’autre, de son expérience, de ses paradoxes, de son humanité.
Fermez les yeux pour mieux les ouvrir, enrichi d’un regard différent.
Colère ! Colère face à la barbarie, à la lâcheté, à la connerie. Colère contre ces ectoplasmes décérébrés qui croient pouvoir imposer par la peur, par les armes, leur pensée unique, ou unique pensée. Considérer crayon, papier, dérision, impertinence comme des menaces, n’est-ce pas une marque flagrante d’incroyance ?
Fierté ! Fierté d’appartenir à ce peuple viscéralement attaché à ses valeurs républicaines. Un peuple qui n’attend pas qu’une pseudo haute autorité (religieuse ou politique) lui assène « Indignez-vous ! » pour, spontanément, mettre de côté ses querelles intestines et se rassembler. Fierté d’appartenir à un peuple d’insoumis, un peuple de résistants, unis pour défendre la liberté, la liberté de conscience, la liberté d’expression.
L’obscurantisme a perdu une nouvelle bataille. Vous n’avez pas tué Charb, Cabu, Wolinski, Tignous, Oncle Bernard et leurs comparses, vous les avez immortalisés.
Je suis Charlie