Entreprise, si vous voulez changer, changez vos managers !

Dans l’entreprise, à chaque étape d’une transformation structurelle, organisationnelle ou managériale, quand les changements ne sont pas expliqués (le Quoi ? et le Pour Quoi ?), quand les appréhensions ne sont pas intégrées (rationnelles et irrationnelles), quand les messages de confiance ne sont pas audibles (confiance dans la capacité à réussir de l’organisation et du collaborateur), le salarié développe les mêmes comportements de peur que lorsqu’il croise un lion au coin du bois.

Tous les warnings clignotent au rouge-sang : le danger, avéré ou non, se démultiplie sous l’effet de l’imaginaire, des préjugés, des croyances, de la rumeur…

Le collaborateur a le choix alors entre :

  • Agressivité : Il mènera le combat, il sera « contre » même si avec une prise en considération différente de son être et de ses peurs, il aurait pu être « pour »
  • Fuite : Il se résignera (au moins en façade mais peu importe son manager n’a de toute façon pas le temps d’aller au-delà) et viendra gonfler les rangs des béni-oui-oui. Armée d’inféodés ô combien contributive à la critique constructive, à la créativité, à la prise d’initiatives, à la responsabilisation

Entreprise, si vous voulez changer, changez vos managers. Faites-les grandir dans la conduite du changement (Ce n’est pas un investissement one-shot. Le changement, c’est juste la vraie vie de l’entreprise des temps modernes). Accompagnez-les dans la remise en cause de leurs certitudes, apprenez-les à comprendre que leur pouvoir ne consiste pas à imposer le changement mais à le faciliter.

Entreprise, aidez vos managers car dans les phases de transformation s’il y a bien une chose qu’ils partagent avec les collaborateurs, c’est la peur du changement.

Entreprise : il vaut mieux en rire…

Pour évaluer les RPS (en version longue : Risques Psycho-Sociaux), les entreprises disposent dans leur boite à outils (expression tendance) de toute une batterie d’indicateurs.

Non répertorié par les organismes de référence (car professionnellement incorrect dans un monde où il est de bon ton d’encenser la rationalité) le rire, signal visuel et sonore, est pourtant un indice majeur pour apprécier l’ambiance qui règne dans une équipe.

Plutôt que de surenchérir dans l’ingurgitation de remèdes miracles pour soigner la performance, la motivation, la communication, redécouvrons déjà (et enfin) les pouvoirs magiques du rire. Le rire qui terrasse le personnage forgé par l’institution, trace le plus court chemin pour entrer en relation avec l’autre, dédramatise les tensions du quotidien et renforce la complicité.

Laissez éclater le rire pour souder le collectif 🙂

Manager avec affect et Manager par l’affect

A la demande générale (ou tout du moins celle de Jules), je m’extirpe de la caverne où je me suis réfugiée ces dernières semaines pour écrire cet article sur la différence entre Manager avec affect et Manager par l’affect, dans le prolongement du post précédent : Management fusionnel.

Il faut dire que je n’éprouve aucune culpabilité à prendre quelques libertés avec les échéances professionnelles que j’ai à tenir car le client pour lequel mes nuits se confondent avec le jour (n’en déplaise à Platon) a marqué une forte réticence quand j’ai tenté de le convaincre (le pessimisme est d’humeur, l’optimisme est de volonté) qu’un manager devait aimer ses équipiers.

Joli paradoxe de la langue française et de notre société où « Aimer ses collaborateurs » suscite une réaction de peur alors qu’ « Aimer le chocolat » suggère le plaisir (vous pouvez remplacer le chocolat par la soupe, ça fonctionne aussi).

L’Entreprise qui s’engage sur la voie de l’épanouissement professionnel, du bien-être au travail, de la motivation de ses salariés, est-elle tant éloignée de la définition de Leibniz : « Aimer, c’est se réjouir du bonheur d’autrui » ?

Quand un cadre manage avec affect, il intègre dans la mise en place de son organisation, dans le déploiement de ses objectifs, dans sa prise de décision, dans sa communication, dans sa posture, la dimension humaine.

Quand le cadre manage par l’affect, il donne à penser à ceux qui peuvent lui servir qu’il les aime, mais ce qu’il aime c’est exclusivement lui, son statut, ses prérogatives, son pouvoir.

Pour être un manager accompli, « Osez Aimer » vos équipiers.

Accompagner les acteurs de l’entreprise sur leurs scénarios professionnels !