Conflit, question de principe ou remettre en question ses principes

Conflit, question de principe ou remettre en question ses principes - Ressource et Vous

Quand le conflit s’enlise, les questions de principes prennent le pas sur les griefs de départ, la raison s’égare, les raisons s’égarent. Chacun a ses raisons qu’ignore la raison des autres.

Sans nul doute que chacun a en tête, en cœur, en corps, une bonne raison, mais une bonne raison est-elle une raison suffisante pour vouloir avoir raison à tout prix ?

A tout prix ! Mais à quel prix ? Qui dispose, à coût sûr, d’un crédit suffisant pour s’enfermer dans le conflit plus que de raison, au risque de ne plus entendre raison ?

La voix de la raison ? Savoir raison garder pour, avec courage, reconnaître ce qui a été obtenu et cesser de s’illusionner et d’illusionner les autres sur ce que l’on pourrait encore obtenir à un prix qui n’aurait rien de raisonnable !

Sans faire commerce… comment se comporter en manager équitable ?

Avec un statut qui leur offre une longévité à faire saliver les transhumanistes, certains dieux et déesses franchissent mieux que d’autres les barrières du temps. Aequitas, déesse de la mythologie romaine, dévolue au commerce et aux marchands, survit à travers une valeur chère au management (bien que quelques pingres ne se donnent pas les moyens de l’acquérir) : l’Equité.

Fidèle à son modèle ancestral, le manager équitable est pourvu d’une corne d’abondance, où se renouvellent bonne fortune, richesses et connaissances, ainsi que d’une balance destinée (sans jeu de mots) à équilibrer les échanges avec le commun des salariés.

Pour répartir les rôles, les missions, les responsabilités, les récompenses, les blâmes et autres donations, le manager équitable intègre dans sa pesée le poids de l’histoire du management des organisations et celle du marketing

Démonstration en 3 points (Pourquoi 3 points ? Parce que décider suppose de savoir prendre, parfois, des décisions arbitraires ! )

  • Révolution industrielle : le manager n’a pas besoin de GPS pour diriger son équipe, car « the one best way » règne ; la main d’œuvre est abondante, sous qualifiée et comme elle n’a pas reçu d’offre promotionnelle pour s’abonner à Philosophie Magazine, elle ne se pose pas de questions existentialistes

Le marketing de masse, s’adresse aux consommateurs, comme à un agrégat homogène, avec des pratiques  et des messages standardisés

  • Après l’immersion en 3D dans « Les Temps Modernes » de Charlie Chaplin (histoire sans parole mais non sans arrière-pensées), un souffle de modernité brasse le monde de l’entreprise : Tertiarisation de l’activité, féminisation des emplois, progrès technologiques, développement des expertises… Les psychologues et des sociologues guident le management sur le chemin de l’Ecole des relations humaines

Le marketing personnalisé affine son approche : il catégorise et segmente ses cibles pour adapter, en conséquence, son message et ses vecteurs de communication

  • Les théoriciens du management et ses praticiens (de brillants chefs d’entreprise chaussés d’une casquette de consultant) multiplient les hypothèses permettant de dégager de bonnes pratiques pour toujours mieux tenter d’actionner les leviers de la motivation de l’homme au travail. Cette profusion d’approches confirme : l’homme est unique l’homme est multiple

Le marketing individualisé ou « one to one » l’a intégré : il s’intéresse à l’individu qui se cache derrière le consommateur, il établit le dialogue pour cerner son profil et ses attentes, il crée une interaction relationnelle pour mieux le connaitre, le comprendre et développer ainsi une relation sur la durée

L’équité, comme le disait Cicéron (homme carré s’il en est), doit aller de pair avec la prise en compte des différences.

Manager avec équité, demande de se mettre en capacité de porter une appréciation et in fine (locution latine en hommage aux romains cités dans cet article) de faire preuve de courage pour adapter ses décisions aux spécificités de la situation et à l’altérité de tout un chacun.

Comme quoi le Droit peut être source d’émotions positives…

Ressource et VousLyon, Cérémonie de remise des diplômes de l’IDEA Formation continue : Ils sont venus, ils sont tous là (hormis Cyril retenu par une soupe au pistou) réunis pour partager leur moment de gloire avec leur famille, leurs amis, leurs professeurs et tous ceux qui ont leur ont prêté oreilles et épaules pour épancher leurs doutes tout au long de cet exigeant parcours.

Ils peuvent être fiers d’avoir vaincu leur pire ennemi : eux-mêmes

Cet ennemi qui a le don (de préférence quand le baromètre moral frôle dangereusement avec la zone rouge) de reprendre en boucle un florilège d’arguments incroyablement pertinents pour miner la motivation et la confiance en soi.

Ils peuvent être fiers d’avoir su trouver leur meilleur ami : eux-mêmes

Cet ami qui leur a permis de découvrir les ressources fondamentales pour mener à bien leur ambitieux projet : l’énergie pour cumuler études-travail ; les facultés intellectuelles pour ingérer et digérer le savant (je n’ai pas dit indigeste…) contenu de la formation mais surtout et avant tout, la volonté farouche de reconstituer et de renforcer leur motivation et leur confiance en soi.

Cet ami, il a grandi dans le regard de leur entourage, regard admiratif du courage de l’autodidacte qui retourne sur les bancs de l’école (18 Rue de Chevreul – Lyon 3 …) pour terrasser une vieille frustration, regard admiratif posé sur l’humilité dont fait preuve le notaire, le juriste, l’avocat pour descendre de son piédestal et redevenir un apprenant soumis à l’évaluation.

Cet ami, il a grandi et vaincu le triste sire de la démotivation grâce à l’enthousiasme joyeux du collectif des étudiants qui a expérimenté avec bonheur le dépassement de soi. Dépassement de soi qui se réalise seulement si nous sommes en compétition avec nous-mêmes et non pas en compétition les uns contre les autres.

Merci à vous, toutes et tous, pour cette belle leçon de courage, d’humilité et d’humanisme.

Merci à vous Laurence et à votre sourire pour m’avoir inspiré cet article.