Combattre le mal-être et si nous explorions le personal branding ?

Francoise Mathiaux - Coaching

Ressource et Vous

Vaillamment, le personal branding, après avoir traversé l’Atlantique (Rameurs, ramez. On avance à rien dans c’canoë…), franchit peu à peu les falaises (et autres fadaises) de notre culture nationale.

Choc culturel entre une démarche qui encourage l’homme à promouvoir sa différence et la pression exercée par notre société sur l’échelle « humilité maladive – ego exacerbé » où chacun de nous réalise (avec plus ou moins de succès) son numéro d’équilibriste.

Aborder le mal-être en changeant d’angle, et plutôt que de s’intéresser au « mal », se focaliser sur l’« être », c’est ce que je vous propose aujourd’hui en empruntant (en tout bien, tout honneur) les 3 clés d’entrée du personal branding : « Se connaître », « Se faire connaître », « Se faire reconnaître ».

L’être en souffrance ou plus légèrement (dixit Kundera) en quête de mieux-être, qui est-il ? Se donne-t-il l’autorisation de se connaitre ? N’agit-il pas, ne vit-il pas sa vie par procuration ? Le costume qu’il enfile chaque jour pour donner sa représentation sociale est-il taillé à la mesure de ses besoins, de ses motivations profondes ?

Son estime de soi bataille-t-elle régulièrement (à moins qu’elle n’ait rendu les armes) contre ses croyances limitantes : « ce n’est pas (ou pire encore) ce n’est plus possible », « je n’y arriverai jamais », « je ne peux pas »… ? La prise de conscience de ses talents est une arme de destruction massive des frustrations empilées dans le désordre par la récurrence des pensées négatives. Et bonne nouvelle, nous avons tous des talents (ce n’est pas là une parabole…).

Combattre le mal-être en explorant la richesse du personal branding, c’est se donner la permission d’une belle séquence d’introspection pour débusquer les dissonances et pour mieux prendre conscience de sa valeur, de ses envies, du sens que l’on veut donner à sa vie.

Quand ce beau travail sur soi s’accomplit, l’usurpation d’identité disparaît. L’individu recouvre son authenticité, ses pensées et ses actes sont en cohérence.

Et n’en déplaise aux grincheux que le personal branding hérisse (poils compris), l’individu qui suit ce cheminement ne se vend pas… on l’achète car il rayonne, de naturel, de plaisir.

Si ce n’est (encore lui) qui prend soin du Dirigeant ?

Celui qui ne se soucie pas de lui aura du mal à se soucier des autres - Michel Foucault

“Celui qui ne se soucie pas de lui aura du mal à se soucier des autres” – Michel Foucault

Droit dans ses baskets Armor-Lux, il donne le cap (savant mélange de rationalité et d’intuition), il tient le gouvernail contre vents et marées (quand la mer est d’huile, c’est qu’elle est frelatée), il prend et assume ses responsabilités (n’en déplaise aux aficionados d’ « on refait le match).

Il négocie à l’externe (souvent), il négocie à l’interne (encore plus souvent).

Il rassure, il motive, il encourage, il apporte la contradiction aux envieux ou les laisse déblatérer. Pour tenir la distance (elle est où la ligne d’arrivée Papa ?) il fanfaronne, il se dope à l’élixir du bon docteur Coué, il se relève sans jamais reconnaître être tombé.

La reconnaissance, il la cherchera parfois dans la course aux trophées de l’entreprise qui poussent en toute saison dans le cerveau fertile d’institutions évoluant à mille lieues (et lieux) de ses préoccupations quotidiennes.

La reconnaissance, il la trouve plus sûrement le matin dans le miroir de sa salle de bains et encore certains jours, il détourne le regard pour ne pas affronter cet inconnu aux yeux tristes et hagards qui le scrute.

Plus le doute et l’inquiétude l’envahissent, plus les drivers « sois-fort », « sois-parfait », « dépêche-toi », « fais-des-efforts », « fais-plaisir » se renforcent. Le mal-être du dirigeant s’infiltre sournoisement entre ses émotions profondes et l’image sociétale qu’il véhicule.

Une exploration minutieuse de tous les boutons qui agrémentent le tableau de bord de direction s’impose pour géolocaliser la touche « Pause ».

« Pause » non pas pour ne rien faire (tabou pétri de croyances et d’angoisses dans l’esprit du dirigeant) mais « Pause » pour poser le costume de superman.

Pause pour « pauser » dans la ronde des émotions, des doutes, des peurs. « Pauser » pour bâtir des options, pour évaluer les risques, pour challenger les projets, pour laisser s’exprimer ses désirs.

« Pauser » pour prendre soin de son estime-de-soi. « Pauser » pour se ressourcer en s’accordant la permission d’un temps de respiration, d’écoute, de réflexion, un temps de parler vrai.

Convaincre et Persuader dans la relation commerciale

Dissocier ces deux verbes, c’est reconnaitre et apprivoiser les deux registres qui s’enchevêtrent dans la relation commerciale, du tout premier point de contact (entretien de découverte) ou point final (clôture de la prestation).

Le « Convaincre » se situe dans la sphère rationnelle : le raisonnement, la preuve, l’argumentation sont mis au service de l’affaiblissement des freins, des croyances, des peurs du client. La démonstration interpelle son intelligence, elle suscite sa réflexion pour l’amener à partager et à adhérer à la solution préconisée. C’est une rencontre entre deux savoirs qui dialoguent et s’enrichissent l’un à l’autre.

Le « Persuader »  s’appuie sur l’adhésion affective, il sollicite le désir et pousse à l’intimité. C’est une tractation silencieuse faite d’observation, d’écoute, de décodage, de synchronisation, d’anticipation, de mots et de non-mots (gestes, regards, sourires, rires).

Appréhendé sous cet angle, « Persuader » tutoie dangereusement « Manipuler ». Ce n’est pas mon propos et je ne souhaite pas que la manipulation salisse ce post.

« Persuader » c’est être authentique pour prendre le temps et prendre plaisir à explorer la sensibilité de son interlocuteur, ses motivations, ses goûts, son histoire. C’est aussi prendre le risque, en laissant s’exprimer sa propre sensibilité, de s’affranchir des barrières protectrices de la raison.